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Méditation

[ 3 avril 2020, Joost Roselaers ]

L’ambiguïté en temps de Corona 

Le dimanche des Rameaux, nous célébrons l’entrée de Jésus dans la ville de Jérusalem. C’est une entrée caractérisée par l’ambiguïté, une ambiguïté exprimée dans un chant Néerlandais bien connu et souvent chanté ce dimanche : « Aujourd’hui, Hosanna ! Demain, crucifions- le ! »

C’est le jour du bouleversement. Par le passé, deux célébrations avaient lieu ce dimanche-là. Un service tôt le matin, pour commémorer l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem et le service principal, durant lequel l’histoire de la passion selon Matthieu était lue.
Car très rapidement, les gens se retournèrent contre Jésus. Aujourd’hui, ça commence avec ‘’hosanna au fils de David’ et ça se termine demain avec ‘crucifiez -le !’ 

Chaque fois que j’entends cette histoire des Rameaux, ce changement soudain me touche. Et pour moi, cela n’est pas seulement un évènement historique, ce bouleversement radical. La question que me pose cette histoire n’est pas : comment cela a-t-il pu arriver il y a deux mille ans ? Mais : comment se fait-il que cette histoire ne nous soit pas étrangère à vous et à moi ? Car chez nous aussi, les pensées et les sentiments peuvent aller dans toutes les directions. Nous aussi pouvons être très ambigus, voire imprévisibles, pour nous-mêmes et pour les autres.

L’ambiguïté. Nous sommes maintenant en quarantaine depuis plus de trois semaines. Comment passez -vous cette période si étrange et insaisissable ?

Mes réponses personnelles à ces questions sont pleines d’ambiguïté. D’un côté nous passons un temps assez agréable, avec ma famille à la maison. Le matin, nous faisons notre travail et nos devoirs de l’école ensemble. L’après-midi, nous jouons au football et sortons dans les bois. J’ai enfin le temps d’apprécier la nature : les tulipes qui émergent du sol, le merle amoureux qui me réveille à cinq heures du matin. La fête des Rameaux est présente entre nous, l’Hosanna dans la cordialité que les gens partagent à distance, sous forme de fleurs, de cartes pour la grand-mère et d’applaudissements massifs pour les infirmières et les médecins. L’amour en temps de Corona !

Mais l’histoire ne s’arrête pas là : celle des Rameaux, mais aussi de ces temps de Corona. Parce que ce ne sont pas des vacances sans soucis. Alors que le soleil brille à l’extérieur et que la nature éclate sans gène dans les couleurs du printemps, une brume grise plane sur nous et sur nos esprits. Les Unités de Soins Intensifs se remplissent très rapidement. Cela nous angoisse. Y aura-t-il encore de la place pour moi, si nécessaire ? Est-ce que j’accepte de finir aux Soins Intensifs ?

Et nous sommes aussi bien ambigus envers nos hommes et femmes politiques qu’avec les experts ! Aujourd’hui, c’est l’hosanna pour notre premier ministre Rutte, pour le RIVM, pour tous ceux qui doivent prendre des décisions cruciales. Mais un peu plus tard c’est (surtout sur les réseaux sociaux) : crucifiez-les ! Les Pays-Bas, on dit que c’est un pays avec 17 millions d’entraîneurs nationaux de footballs, 10 millions de théologiens. Mais aussi, 12 millions de virologues ! Et cela ne fait que renforcer l’ambiguïté. Car qui pouvons-nous encore croire ? Sur quels faits pouvons-nous baser notre optimisme ou pessimisme ?

Nous entrons aujourd’hui dans la semaine sainte.  Beaucoup d’entre nous sont généralement inspirés durant cette semaine, par les Passions composées par Jean Sebastian Bach. Cette année, il n’y aura pas de concerts dans les églises ou au Concertgebouw. Heureusement, nous avons encore les enregistrements. La Passion selon Saint Matthieu se termine par une dissonance. Un ton majeur clôture une chorale en mineur. Ce ton de clôture montre la voie à suivre. Pour reprendre les mots de Johannes Uytenbogaert, le fondateur de l’église remontrante : Le Vendredi Saint doit aller de l’avant, mais Pâques suivra.

Nous vivons et croyons d’un certain point de vue que quelque chose va s’ouvrir, et nous offrir ainsi une nouvelle perspective inattendue. L’ambiguïté de la vie n’a pas encore disparue, mais au milieu d’elle, se forme une perspective qui donne vie, de l’espace et du courage. Ce sera de nouveau Pâques, de toute façon.

Joost Roselaers

Ambiguïteit in tijden van Corona  

Met Palmpasen vieren wij de intocht van Jezus in de stad Jerusalem. Het is een intocht die getypeerd wordt door ambiguïteit, een dubbelzinnigheid verwoord in dit bekende lied van Palmpasen: ‘heden hosanna, morgen kruisigt hem.’ Het is de dag van de omslag. Twee vieringen werden er dan ook gehouden, in het verleden, op deze dag. Een vroegdienst, waarin de feestelijke intocht van Jezus in Jeruzalem werd herdacht. En een hoofddienst, waarin het passieverhaal van Mattheus gelezen werd. Want al snel keren mensen zich tegen Jezus. Het gaat vandaag van hosanna voor de zoon van David naar aan het kruis met hem.

Elke keer als ik dit weer hoor, raakt mij deze plotselinge omslag. En u voelt wel, dat is voor mij geen historische vraag. Het is niet: Hoe heeft dit toen zo kunnen gebeuren. Maar: wat is dat in u en mij, dat dit verhaal ons niet vreemd is? Dat het alle kanten op kan gaan met onze gedachten en gevoelens. Dat we zo ambigu, ja zelfs onvoorspelbaar kunnen zijn voor onszelf en voor de ander?

Ambiguïteit. We verblijven nu ruim drie weken in quarantaine. Hoe kom je deze dagen door, vragen wij elkaar regelmatig per mail, telefoon of whatsapp. Mijn antwoorden op deze vragen zitten vol ambiguïteit. Ja, we hebben het gezellig met zijn vieren thuis, ’s ochtends bezig met werk en opdrachten van school en ’s middags voetballen en het bos in. Ik geniet van de tulpen die de grond uitknallen, de verliefde merel die me al om vijf uur ‘s ochtends wekt. Het feest van Palmpasen is er nu ook, in de warmte die mensen op afstand met elkaar delen, in de vorm van bloemen, kaartjes aan oma en massaal applaus voor verpleegkundigen en artsen. Liefde in tijden van Corona!

Dat is niet het hele verhaal. Van Palmpasen niet, en ook niet in deze tijden van Corona. Want het is geen zorgeloze vakantie. Terwijl de zon buiten schijnt, en de natuur ongegeneerd uitbarst in lentekleuren, hangt over ons en over ons gemoed een grijze waas. De I.C. raken steeds voller. Is daar nog wel ruimte voor mij, straks? Wil ik dat überhaupt, op de I.C. terechtkomen?

En hoe ambigu zijn wij naar onze leiders, en de experts! Heden hosanna voor Rutte, voor het RIVM, voor allen die cruciale besluiten moeten nemen dezer dagen. Maar even later is het (vooral op social media): kruisigt hen! Nederland, een land met 17 miljoen bondscoaches, 10 miljoen theologen en 12 miljoen virologen! En dat versterkt alleen maar de ambiguïteit. Want, wie kunnen wij nog geloven? Hoe optimistisch- of pessimistisch- mogen wij zijn?

We gaan nu de stille week in. Velen van ons laten zich doorgaans in deze week inspireren door de Mattheus- of Johannes- Passion van Bach. Dit jaar zijn er geen uitvoeringen in kerken of in het Concertgebouw. Gelukkig hebben we de opnames nog. De Matthäus-Passion eindigt met een dissonant. Deze slottoon wijst de weg naar voren. In de woorden van Johannes Uytenbogaert: Goede Vrijdag moet voorgaan, maar Pasen zal volgen. We leven en geloven vanuit een perspectief dat iets wordt opengebroken. En vervolgens begint het weer te stralen, zo geloven wij. En mogen wij de straten weer op. De ambiguïteit van het leven is er niet mee verdwenen, maar in het midden daarvan staat een perspectief dat leven geeft, ruimte en moed. Het wordt weer Pasen, hoe dan ook.

Joost Roselaers